Un rendez-vous à ne pas manquer
Le 31 mai 2026 à 14 heures, à Castelnau-le-Lez, près de Montpellier, les commissaires-priseurs de la maison Farran Enchères organiseront une vente aux enchères d’exception. La raison ? Parmi les 199 lots proposés lors de cet événement se trouve une bouteille de Château Yquem 1811.
Le prix de vente estimé oscille entre 60 et 80 000 euros. Mais comme souvent dans ces salles, les estimations des commissaires-priseurs pourraient finalement s’avérer bien plus basses que le prix d’adjudication.
Les collectionneurs de grands crus, sur le qui-vive
Il est extrêmement rare que des vins si anciens soient proposés à la vente sur les marchés. Les plus grands collectionneurs seront donc sur le qui-vive, en espérant remporter le gros lot. Il faut dire que, malgré son âge, cet Yquem 1811 se tient particulièrement bien.
Il provient d’un millésime resté célèbre dans l’histoire viticole. L’année 1811, marquée par le passage d’une comète visible depuis la Terre, tire d’ailleurs son nom de cet événement (“L’année de la Comète”).
Les conditions climatiques ont été exceptionnelles. Les raisins récoltés cette année-là présentaient une forte concentration, donnant naissance à des vins réputés pour leur longévité.
Yquem 1811, une bouteille qui ne vient pas de nulle part
La bouteille mise en vente est identifiée. Elle appartenait à Christian Vanneque, ancien sommelier de la Tour d’Argent.
Il l’avait acquise en 2011 pour 117 000 dollars. Ce flacon était alors considéré comme étant le blanc le plus cher de l’histoire.
Le vin a été parfaitement conservé. Il sera vendu dans son flacon d’origine, soufflé à la bouche et authentifié depuis. Son étiquette est un peu marquée, mais après plus de 200 ans, personne ne sera vraiment surpris.

Un flacon rarissime sur le marché
On estime que de cette année, il ne resterait qu’une dizaine de bouteilles. Le domaine lui-même n’en aurait plus aucun. Ces bouteilles transitent donc entre les mains des collectionneurs.
Château d’Yquem conserve un statut unique dans le Bordelais. C’est le seul vin classé Premier Cru supérieur (voir notre sujet sur le classement des Grands Crus de Bordeaux de 1855). Ses raisins, leur pourriture noble et la capacité des vins à évoluer dans le temps participent à façonner sa renommée.
Le vin de 1811 peut d’ailleurs encore se boire. La dernière dégustation officielle qui a eu lieu remonte à 1998. À l’époque, le vin était encore expressif. Il aurait, selon les personnes présentes (dont le critique du vin anglais Michael Broadbent) dévoilé de puissants arômes fruités et une structure persistante.



